Parité et imparité.
Le sommaire de cette page est le suivant :
Ensembles centrés en 0.
Dire qu'un ensemble E est centré en 0 signifie que si x est un élément de E alors son opposé -x est aussi un élément de E.
Par exemple, l'intervalle [-2 ; 2] est un ensemble centré en 0.
Pour ceux qui n'en seraient par convaincu, remarquons que si x fait partie de [-2 ; 2] alors
-2 x
2
En multipliant les trois membres de l'inégalité par -1, le sens est alors changé et...
(-2) × (-1) x × (-1)
2 × (-1)
2 -x
-2.
Autrement dit, -x fait aussi partie de l'intervalle [-2 ; 2].
De même, l'ensemble ]-2 ; 2[ est aussi centré en 0 tout comme la réunion d'intervalle qu'est ]-2 ; 0[ ]0 ; 2[.
Par contre [-2 ; 2[ n'est pas centré en 0. Ceci car si -2 fait partie de cet ensemble, son opposé 2 n'en fait pas partie.
Enfin, retenez que l'intervalle ]- ; +
[ (qui est aussi l'ensemble des réels R) et la réunion d'intervalle ]-
; 0[
]0 ; +
[ (qui est aussi R* ) sont aussi des ensembles centrés en 0.
Dans ce qui suit, I est un intervalle ou une réunion d'intervalle centré en 0 (par exemple ]-2 ; 2[ ou ]-2 ; 0[ ]0 ; 2[ ). Ainsi, I est donc aussi un ensemble.
Définition : Dire que la fonction f : I ![]() ![]() |
Commentaires :
Conséquences sur le sens de variation.
Théorème : Si f : I (i) Si f est croissante sur l'intervalle [a ; b] alors f est aussi décroissante sur [-b ; -a]. (ii) Si f est décroissante sur l'intervalle [a ; b] alors f est aussi croissante sur l'intervalle [-b ; -a]. |
Certains disent que [-b ; -a] est l'intervalle symétrique de [a ; b].
On se sert de ce théorème pour montrer que la fonction carrée est décroissante sur ]- ; 0[.
Nous avons énoncé un théorème en deux points, il nous faut donc le montrer !
La preuve du précédent théorème :
(i) : L'hypothèse est ici : f est croissante sur l'intervalle [a ; b]. Il s'agit de montrer qu'alors, f est aussi décroissante sur [-b ; -a].
Soient x et y deux réels de l'intervalle [-b ; -a] tels que x < y.
Il est alors clair que leurs opposés -x et -y sont deux réels de l'intervalle [a ; b] tels que -x > -y.
Or sur cet intervalle [a ; b], f est croissante. Donc si -x > -y alors f(-x) f(-y).
Comme de plus f est paire, on a aussi que f(x) = f(-x) et f(y) = f(-y).
Il vient alors que f(x) f(y).
En résumé, si x et y sont deux réels de l'intervalle [-b ; -a] tels que x < y alors f(x) f(y).
Autrement dit, f est décroissante sur [-b ; -a]. Ce que l'on voulait !
(ii) : La méthode demeure la même. L'hypothèse est ici que f est décroissante sur [a ; b].
Si x et y deux réels de [-b ; -a] tels que x < y alors leurs opposés -x et -y sont deux réels de [a ; b] tels que -x > -y.
Or sur cet intervalle [a ; b], f est décroissante. Donc si -x > -y alors f(-x) f(-y).
Là encore, f étant paire, on a que f(x) = f(-x) et f(y) = f(-y).
Et donc, Il vient alors que f(x) f(y). D'où la croissance de la fonction f sur l'intervalle [-b ; -a].
Conséquence de la parité sur la représentation graphique.
Dans ce qui suit, la fonction f est supposée paire.
On appelle Mx et M-x les points de la courbe représentant la fonction f dont les abscisses respectifs sont x et -x. Intéressons-nous à leur coordonnées.
Celles de Mx sont : (x ; f(x)).
Celles de M-x sont : (-x ; f(-x)) ce qui s'écrit encore (-x ; f(x)) vu que f est paire.
Représentons-les sur un dessin avec une courbe de fonction paire (c'est en l'occurrence la fonction cosinus) :
Autrement dit, le point M-x est le symétrique du point Mx par rapport à l'axe des ordonnées.
Ainsi :
Propriété : La courbe représentative d'une fonction paire admet l'axe des ordonnées comme axe de symétrie. |
Comme dans le paragraphe précédent, I est un intervalle ou une réunion d'intervalles dans ce qui suit.
Définition : Dire qu'une fonction f : I ![]() ![]() |
Commentaires :
Conséquence de l'imparité sur l'image de 0...quand elle existe !
Supposons que la fonction impaire f soit définie en 0 (sous-entendu que 0 admette une image par la dite fonction).
Si on pose x = 0, on a alors que f(-0) = -f(0).
Or l'opposé de 0 est lui-même. L'égalité précédente devient alors : f(0) = -f(0)
Cela nous permet d'énoncer le théorème suivant :
Théorème : Si f est une fonction impaire définie en 0 alors f(0) = 0. |
Une illustration de ce théorème est ce qui arrive en 0 à la fonction cube.
Mais attention, il faut que f soit définie en 0. Bien qu'elle soit impaire, le théorème n'est pas applicable à la fonction inverse car elle n'est pas définie en 0.
Conséquence de l'imparité sur le sens de variation.
Théorème : Si f : I (i) Si f est croissante sur l'intervalle [a ; b] alors f est également aussi croissante sur [-b ; -a]. (ii) Si f est décroissante sur l'intervalle [a ; b] alors f est également décroissante sur [-b ; -a]. |
On se sert de ce théorème pour montrer que la fonction cube est croissante sur l'intervalle ]-
; 0].
A l'instar de ce que nous avions fait pour la parité, nous allons montrer ce théorème.
Preuve du dit théorème :
(i) : L'hypothèse est ici que f est croissante sur l'intervalle [a ; b]. Notre rôle : montrer qu'alors elle l'est aussi sur l'intervalle [-b ; -a].
Soient x et y deux réels de l'intervalle [-b ; -a] tels que x < y.
Il est alors clair que leurs opposés -x et -y sont deux réels de l'intervalle [a ; b] tels que -x > -y. L'inégalité précédente a été multipliée par -1 ce qui en a changé le sens.
Or par hypothèse, f est croissante sur l'intervalle [a ; b]. Ainsi f(-x)
f(-y).
De plus, nous savons que f est impaire. Donc f(-x) = -f(x) et f(y) = -f(y). Ainsi :
-f(x) -f(y)
En multipliant cette inégalité par -1, le sens en est changé et :
(-1) × (-f(x)) (-1) × (-f(y))
D'où f(x) f(y).
En résumé, si x et y sont deux réels de l'intervalle [-b ; -a] tels que x < y alors f(x)
f(y).
Autrement dit, la fonction f est croissante sur l'intervalle [-b ; -a]. C'est-à-dire ce que nous voulions !
(ii) : On procède comme précédemment. L'hypothèse est ici que f est décroissante sur [a ; b].
Soient x et y sont deux réels de l'intervalle [-b ; -a] tels que x < y. Donc leurs opposés -x et -y sont eux deux réels de [a ; b] tels que -x > -y.
Comme f est décroissante sur [-b ; -a] alors f(-x)
f(-y).
Or f est aussi impaire. Donc f(-x) = -f(x) et f(-y) = -f(y). L'inégalité précédente devient alors
- f(x) -f(y)
On multiplie les deux membres de cette inégalité par -1...
f(x) f(y).
Si x et y sont deux réels de l'intervalle [-b ; -a] tels que x < y alors f(x)
f(y). C'est la définition de la décroissance appliquée à la fonction f sur l'intervalle [-b ; -a].
Ainsi a-t-on ce que nous voulions !
Conséquence de l'imparité sur la représentation graphique.
Nous allons procéder comme pour la parité !
Les points Mx et M-x sont les points de la courbe représentant la fonction f dont les abscisses respectifs sont x et -x. Intéressons-nous à leur coordonnées.
Celles de Mx sont : (x ; f(x)).
Celles de M-x sont : (-x ; f(-x)) ce qui s'écrit encore (-x ; -f(x)) car f est impaire.
Représentons-les sur un dessin avec la courbe représentative d'une fonction impaire (en l'occurrence celle de la fonction cube) :
Autrement dit, le point M-x est le symétrique du point Mx par rapport à l'origine.
On en déduit donc :
Propriété : La courbe représentative d'une fonction impaire admet l'origine comme centre de symétrie. |
L'extra-plus : pourquoi ces fonctions ne sont ni paires, ni impaires..
Pour montrer qu'une fonction n'est pas paire, il suffit de trouver un élément x qui infirme la définition de la parité. Car elle spécifie que tous les réels de l'ensemble de définition sont concernés par la condition "f(-x) = f(x)". Trouvons-en un seul et alors la fonction ne remplira pas la condition.
On s'intéresse à g : x x + 15. Prenons x = 2.
g(2) = 2 + 15 =17 et g(-2) = -2 + 15 = 13.
Or 13 et 17 ne sont ni égaux, ni opposés.
La fonction g n'est donc ni paire ( car g(2) g(-2) ), ni impaire ( car g(-2)
- g(2) ).
Passons à la fonction h : x x3 + x2 + 1. Prenons x = 1.
h(1) = 13 + 12 + 1 = 3 et h(-1) = (-1)3 + (-1)2 + 1 = -1 + 1 +1 = 1.
Comme 3 et 1 ne sont ni égaux, ni opposés, on peut affirmer que la fonction h n'est ni paire ( en effet h(-1) h(1) ) et ni impaire ( car h(-1)
- h(1) ).